« Quand les musées sont trop loin, les livres trop grands ou compliqués,

l'art peut devenir un jeu ! »

Apprendre, tout en s'amusant : c'est possible !

La Créatrice : « L’histoire de ma passion »

A la recherche d’un jeu sur l’art

Je cherchais des jeux pédagogiques pour apprendre l’histoire de l’art à mes enfants, des jeux pédagogiques originaux, des jeux de connaissance, c’est-à-dire des jeux pour apprendre, et surtout apprendre en s’amusant.

Un peu déçue par mon exploration, j’ai eu l’idée de faire moi-même un jeu de familles avec des tableaux célèbres. Un jeu qui donnerait un petit bagage culturel, qui renforcerait l’éducation artistique de nos enfants, et que l’on pourrait garder avec soi tout au long de sa vie…

J’ai remarqué en effet que la règle des jeux de familles, simple et conviviale, s’y prêtait fort bien :

  • 7 peintres avec 6 tableaux chacun!
  • Un régal pour les yeux… et pour les oreilles… Chaque fois que l’on se passe une carte, on prononce en effet le nom du peintre et celui de l’oeuvre, des noms souvent si jolis… Très rapidement, les enfants les connaissent par cœur et n’ont plus besoin de les lire.Je décidai alors de ralentir un peu mon activité qui consiste, aujourd’hui encore, à composer des mots croisés pour la presse… et de me lancer dans cette aventure.

Dans ma tête, les dés étaient jetés!

 

Première étape : trouver le bon partenaire

Pour ne pas construire des châteaux de cartes, il fallait mettre tous les atouts dans mon jeu. Il m’a fallu d’abord convaincre l’un des rares « maîtres cartiers », ce qui ne fut pas une mince affaire: « Vous êtes folle, ça ne marchera pas, les jeux video ont remplacé les jeux de cartes, les jeux éducatifs pour enfants ou l’ancien jeu de société que l’on pratiquait en famille ! » ou alors: « Vous pouvez faire les plus jolis jeux du monde, si le marketing ne suit pas, ils ne se vendront pas ! »

Deuxième étape : le choix des peintres et des tableaux

Je pensais tout d’abord à des peintres modernes, Matisse, Picasso… Mais je me suis bien vite heurtée au problème des droits d’auteur à payer pour ces artistes qui ne sont pas dans le domaine public. Impossible d’aller plus loin que les impressionnistes sans me ruiner ! Et n’oublions pas les droits de reproduction payés aux photothèques qui vous procurent les images…

Troisième étape : convaincre un musée

Cette étape s’est révélée plus encourageante; une maquette sous le bras, je suis allée voir le Musée d’Orsay. Séduite par l’idée, la librairie m’a fait une pré-commande de 2 000 exemplaires sous la condition d’une très bonne qualité. C’est ainsi que le premier jeu a « tourné » autour de l’impressionnisme…Un jeu sur les peintres du Louvre a suivi, puis d’autres, aux thèmes divers sur l’art et l’histoire. Des jeux de familles toujours, mais aussi un jeu de mémoire et un jeu sudoku artistique doublé de puzzles, des jeux d’associations…

 

Des livrets explicatifs de qualité

Historienne et documentaliste de formation, je me suis beaucoup amusée à accompagner ces jeux de livrets explicatifs pour lesquels j’ai recherché des informations détaillées. J’ai eu aussi plaisir à émailler ces dernières d’anecdotes et d’histoires insolites.A chaque nouvelle édition, commence un vrai jeu de piste !Je cherchais par exemple une illustration d’un instrument de musique original, de par sa forme et son usage, et doté d’une certaine importance dans l’histoire musicale : le serpent. Après avoir obtenu un rendez-vous avec le seul professeur de serpent en France (qui n’a que 2 élèves !), j’ai fini par trouver dans une brocante le menu d’un restaurant dont la première page s’ornait du magnifique instrument ! C’est que les photothèques ne satisfont pas toujours mes recherches… Il m’arrive ainsi d’aller fureter dans les galeries, les brocantes, chez les antiquaires parfois…Etonnamment le jeu de familles sur Paris m’a donné bien du mal aussi : si Utrillo a fort bien représenté Montmartre, et certains peintres les bords de Seine, les autres quartiers ont été plutôt délaissés par les artistes ; impossible de trouver un tableau représentant l’église Saint-Germain-des-Prés par exemple, pour laquelle j’ai dû faire une commande ! Quant aux peintres de l’Ecole de Paris, ils ne peignaient pas Paris bien sûr… fort éloignée de leurs préoccupations picturales…

 

Récompensée par le succès

Mais la récompense est là ! Que de lettres, appels téléphoniques ou e-mails me disant la joie des enfants « jonglant » avec les tableaux, les monuments ou les instruments de musique, au grand étonnement de leur entourage… Alors tous, grands et petits, se lancent dans la partie !