Et si vous faisiez une pause ciné-culturelle ? Nous aimons l’art, l’art ludique, l’art éducatif, nous l’avons placé au centre de nos jeux,
nous pensons que l’art est joyeux, et qu’il rend heureux. Alors nous vous proposons de voir ou revoir « Mr Turner », le dernier film de Mike
Leigh. Ce peintre est si fascinant qu’on aurait presque envie de lui dédier un jeu de famille Sylvie de Soye !
Apprendre en s’amusant, non, apprendre en rêvant !

L’image, la photo, l’acteur, la peinture, deux heures trente de beaux-arts en fait. Mike Leigh (« Vera Drake », « Secrets et mensonges* », « Be Happy ») propose une vision très personnelle de l’homme et de sa condition d’artiste.  Timothy Spall (Prix d’interprétation masculine Cannes 2015) y est époustouflant.

 Joseph Mallord William Turner, un peintre « atmosphériste ».

Turner (1775-1851) ne se serait jamais demandé s’il avait une « gueule d’atmosphère » comme le faisait Arletty dans « Hôtel du Nord », par contre il était sensible à la lumière et savait créer des ambiances oniriques et novatrices dans ses toiles comme personne.

 

 

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Il avait la passion du paysage, plus que de l’humain, et il parcourait de nombreux kilomètres quotidiennement à la recherche de nourritures esthétiques. Oui, l’ambiance qui se dégage de ses tableaux est parfois lugubre, toujours interrogatrice. Mike Leigh souligne bien cette quête de cieux, de matière, cette mobilité qu’avaient ces grands peintres. Turner allait s’inspirer en Italie, mais il affectionnait particulièrement les bords de la Tamise.

 

 

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Timothy Spall nous livre une composition étonnante, sincère, d’un Turner pétri de doutes, engoncé dans ses peurs, lâchetés et réserves, et pourtant si vrai, généreux, et sensible. Au micro à Cannes, il dit que Mike Leigh (33 ans de collaboration entre l’acteur et le réalisateur) lui a appris à « servir le personnage et non son ego ». Il a étudié la peinture pendant deux ans avant le tournage. La peinture, ça se vit, avant tout, physiquement.

Focus sur les 25 dernières années de la vie du peintre.

Nous sommes propulsés dans l’Angleterre des années 1820, de la Révolution Industrielle, de la jeune reine Victoria, Turner a la cinquantaine. Il est déjà membre associé de la Royal Academy of Arts depuis ses 24 ans, peintre très doué il a tout fait jeune. Il est indiscutablement un peintre d’exception. Le cinéma de Mike Leigh est toujours centré sur l’humain confronté aux aléas de la vie, qui fait contre mauvaise fortune bon cœur, et dont la vie entre en résonance avec celle des autres. Les scènes d’intimité familiale avec son père adoré, William Turner père, ou sa servante dévouée, ou bien avec sa deuxième compagne, sa logeuse, sont émouvantes. L’implication de ces proches est totale à ses côtés. Il a un mauvais caractère, soit, eux sont débordant d’implication et de dévouement !

« L’univers est chaotique et vous nous aidez à y voir plus clair » dixit la logeuse de Turner, qui a compris le langage de sa peinture.

Turner était aussi pré-impressionniste. 40 ans avant Monet, il a anticipé ce mouvement, et toute la peinture du XXème siècle. Cette plongée dans l’art nous réconforte et nous fait voyager. On en sort meilleur, repus, et surtout éblouis.

 

*Palmed’Or à Cannes en 1996, César Meilleur film étranger en 1997

Crédit peinture : Joseph Mallord William Turner Fusées et lumières bleues pour alerter les bateaux à vapeur des hauts fonds 1840 © Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA (photos by Michael Agee)  cf notre article « Forte impression au Marmottan Monet »    

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