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Cette semaine le Blog Sylvie de Soye vous emmène à la galerie Esther Woerdehoff découvrir le travail du photographe Christian Tagliavini. Il fabrique tout à la main : il dessine, découpe, colle tous les costumes et accessoires en cartons et papier nécessaires à ses photos. Avec ses Reines, Valets, Jokers et As, cette nouvelle série intitulée Carte nous enthousiasme. Création artistique, humour, esprit de perfection, élégance, hommage aux jeux de Tarot, ce conteur d’images a tout pour nous plaire !

 

Par ce temps pluvieux, une visite de cette ravissante galerie dans le quartier de Montparnasse s’impose dès ce weekend. Nichée au milieu d’une charmante cour pavée et entourée de verdure, la galerie Esther Woerdehoff se visite comme un studio d’artiste. Normal que Christian Tagliavini fasse partie des photographes contemporains émergeants qu’Esther Woerdehoff aime présenter au public.

 

 

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Créateur de mode, artisan photographe, ou orfèvre du « tout en carton » ?

 

Il a la quarantaine rayonnante, est suisse d’origine italienne, a fait des études en chimie, a beaucoup travaillé dans l’architecture et la conception graphique, mais ce qui le définit le mieux est le perfectionnisme. Il fait partie de ces créateurs hors norme qui excelle dans le « slow art ». Oui il travaille lentement (il peut mettre 3 semaines avant d’obtenir la bonne photo), ses séries se suivent sans jamais se ressembler et attendent plusieurs années avant de sortir de l’atelier. La série « 1503 », hommage à Bronzino, peintre maniériste  italien de la Renaissance (16ème siècle), a rencontré un grand succès lors de Paris Photo 2010, et a ainsi bénéficié d’une couverture médiatique internationale. Un vrai travail d’orfèvre. Son autre série « Dame di cartone » de 2008, représentant des femmes habillées de modèles inspirés du cubisme, du 17ème siècle ou des années 50 révèle ses talents de modiste. Cet artiste est avant tout un conteur et un créateur de mode. Nous avons pu admirer de près le costume de Regina di fiori à l’entrée de la galerie, directement inspiré de l’Art nouveau. Un mot : majestueux ! Il dessine ses robes comme de vrais modèles prêts à porter, et la découpe au laser donne un fini ultra précis.

Quand la photo devient tableau..

 

La série de onze photographies Carte, inspirée par les caprices de la fortune, rassemble des symboles venus droit de la mythologie, ou des grandes périodes de l’art. Regina di fiori (reine de fleurs), Matta rossa (fou rouge), L’Amante (vous avez compris), Justus il traditore (Justus le traitre), ces figures nous interpellent dans leurs costumes en deux dimension derrière lesquels se cachent les mannequins en trois dimensions. Comme le disait notre hôtesse Sabine Guédamour, Directrice de la galerie  : “Christian Tagliavini ne nous livre pas tous ses secrets, il laisse le mystère nous guider dans notre propre interprétation des œuvres. Par exemple Justus le traitre tient à main une carte Cœur, tout en représentant le Carreau. Il est aussi tenu en laisse par une main fictive ! Détient-il le cœur de son amant (carte de Cœur L’Amant) ? Ou bien détient-il la clef du cœur de la Dame de .. Cœur, représentée sur la boucle de sa ceinture ?”

 

Dialogues interdits, évocations historiques, contes non-dits, prenez le temps d’inspecter l’œuvre de Christian Tagliavini dans sa globalité, peut-être découvrirez-vous encore un détail insoupçonné. De simples cartes, non, de vraies divinités qui font déjà un carton !

 

Série Carte de Christian Tagliavini à la galerie Esther Woerdehoff

36, rue Falguière, 75015 Paris, +33 (0)9 51 51 24 50

 

Photos :

De haut en bas : Regina di fuori, Justus il traditore, Regina di cuori,  

© Christian Tagliavini, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

 

Série “1503”, Ritratto di giovane donna © Christian Tagliavini

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Série “Dame di cartone”, Fifties I © Christian Tagliavini

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