On y joue, on les caresse, les pioche, les retourne, elles nous font sourire, ou selon la chance nous tourmentent, nous enrichissent ou nous ruinent. A quoi pensez-vous ? Mais aux cartes à jouer bien sûr ! Les Européens ne les ont pas inventées, mais alors qui donc? Voyons cela de plus près.

 

 

Les cartes à jouer ont une histoire

 

 

Elles seraient apparues en Europe à la fin du XIVème siècle, probablement grâce aux liens des Européens avec l’Espagne alors occupée par les Arabes, ou par les marchands vénitiens et lombards, la Route de la Soie nourrissant nombre d’échanges. Le modèle des cartes européennes se situerait plus du côté du Proche-Orient que de la Chine. On trouve en effet au Musée de Topkapi à Istanboul des cartes d’origine Mamelouke datées du XIII/XIVème siècle, qui annoncent les cartes italiennes et espagnoles (les jeux de Tarot seraient ensuite nés en Italie du Nord, voire à Florence au XVème siècle). Cependant, les ancêtres des cartes ont vu le jour sous la dynastie Tang (Xème siècle) au moment où les formats des livres passent du rouleau à la feuille. Intéressant à savoir : de nos jours, les cartes chinoises correspondent à trois types de jeux, les cartes domino (1), les cartes monétaires (2) et les cartes d’échecs (3) – voir les explications plus bas.

 

 

Le saviez-vous ?

 

 

Les rois représentés sur nos jeux de cartes courants sont issus de la légende des Neuf Preux, les monarches des quatre royaumes traditionnels. Roi de cœur : Charles (pour Charlemagne)- Roi de trèfle : Alexandre le Grand (Alexandre III de Macédoine) – Roi de carreau : Jules CésarRoi de Pique : le roi David, connu pour avoir vaincu le géant Goliath. “R” donc pour Roi, “D” pour Dames, et “V” pour Valets. Alors que les cartes anglo-saxonnes portent un “K” pour King, “Q” pour Queen, et “J” pour Jack, les rois n’étant pas nommés. Pendant la Révolution française, la symbolique monarchique est mise au placard et de nouveaux jeux de cartes sont imprimés ; les Rois sont remplacés par des Génies (de la guerre par exemple), les Dames par des Libertés (des cultes, de la presse), et les valets par des Egalités (de rang, de droit).

Le Roi et la Reine règnent sur les jeux, mais saviez-vous aussi que dans les jeux de Belote, de Skat ou de Jass, l’ordre hiérarchique des cartes n’est pas le même, le Valet étant la carte maîtresse?

 

 

Les cartes ont beaucoup évolué dans le temps, changeant de formes ou s’arrondissant. Notons qu’en 1858, Baptiste Paul Grimaud signe un contrat avec Firmin Chappellier, inventeur du procédé de fabrication de cartes à coins ronds. Cette forme ne permettant plus d’écorner les cartes, ni donc de les reconnaître, plus de tricherie possible. Les cartes ont aussi été des supports publicitaires, ou des prétextes à des créations artistiques originales. Il n’empêche, pas besoin d’originalité, un bon vieux jeu de cartes un peu usé, nous, on aime toujours autant..

 

 

Pour les curieux :

 

 

Rendez-vous au très intéressant Musée Français de la Carte à jouer, situé à Issy les Moulineaux (92). Unique en France,il est l’un des 7 musées dans le monde consacrés à ce thème. Diffusant les Jeux Sylvie de Soye, le Musée fera prochainement bien entendu l’objet d’un article sur notre blog.

 

 

1)       C’est le bon vieux principe des dominos appliqué aux cartes. On distribue à chaque joueur le même nombre de cartes, et on forme une pioche. Le premier joueur abat la carte de son choix sur la table, les autres doivent poser à côté une carte de même valeur ou de même couleur. En cas d’impossibilité, on pioche. Le gagnant est celui qui s’est débarrassé de toutes ses cartes le premier. Autre façon de jouer avec ces cartes, le Tien Gow, jeu de plis et de combinaisons.

2)       Ce sont les cartes d’argent, faites en papier qui servaient tant de monnaie que de jeu (divertissement, jeux de hasard, paris). Ces cartes sont probablement à l’origine des billets de banque, à moins que ce ne soit le contraire ! Nous vous convions à trouver la réponse au Musée.

3)       Ces cartes de jeu sont une extension du jeu des échecs. A notre époque, des variantes ont été créées, comme le jeu de cartes “Tempête sur l’échiquier”, consistant à adjoindre au jeu d’échec normal un jeu de cartes à jouer qui fait évoluer la partie de façon totalement loufoque.

 

 

Crédits photos : Musée Français de la carte à jouer, ici carte fantaisie, à contempler sur le site de la boutique.

Nos plus vifs remerciements à la conservatrice du Musée pour avoir complété nos informations et ainsi enrichi cet article.

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